Au DELF B2, on ne vous demande pas d’avoir raison : on vous demande de défendre une position et de savoir la nuancer. La production écrite prend la forme d’un texte argumenté d’au moins 250 mots ; la production orale, celle d’un monologue suivi d’un débat avec l’examinateur. Dans les deux cas, ce qui est évalué, c’est votre capacité à nuancer et à reformuler, et non votre degré de certitude. Un candidat qui empile ses idées avec « et… et… et… », sans connecteurs ni nuance, perd des points même quand ses idées sont bonnes.
Voici les expressions à avoir en tête, classées par fonction.
| FONCTION | EXPRESSIONS |
|---|---|
| Opinion neutre | Selon moi, à mon avis, j’estime que, je considère que |
| Opinion engagée | Je suis convaincu(e) que, il me paraît essentiel de, je tiens à souligner que |
| Opinion prudente | Il me semble que, j’aurais tendance à penser que, on peut se demander si |
| Nuancer | Dans une certaine mesure, en partie, du moins, jusqu’à un certain point |
| Concéder puis contrer | Certes… mais, il est vrai que… toutefois, il n’en reste pas moins que |
| Doute | Je doute que, rien ne prouve que, il est peu probable que, reste à savoir si |
| Désaccord poli | Je ne partage pas totalement votre point de vue, permettez-moi de nuancer |
| Généraliser | Dans l’ensemble, de manière générale, la plupart du temps, globalement |
| Restreindre | Sauf exception, à l’exception de, dans certains cas seulement, cela vaut surtout pour |
Explications et exemples
Donner son opinion : trois degrés d’engagement
La même idée peut être présentée de trois façons. Choisir le bon degré, c’est déjà argumenter.
Ton neutre
- Selon moi / à mon avis / personnellement / j’estime que / je considère que
Exemples :
Selon moi, la formation continue devrait être accessible à tous les salariés.
J’estime que la gratuité des transports ne suffira pas à réduire la pollution urbaine.
Ton engagé
- Je suis convaincu(e) que / il me paraît essentiel de / je tiens à souligner que / je défends l’idée selon laquelle
Exemples :
Je suis convaincue que l’école a un rôle central à jouer dans l’éducation au numérique.
Il me paraît essentiel de former les employés avant d’installer de nouveaux outils.
Ton prudent
- Il me semble que / j’aurais tendance à penser que / on peut se demander si / il n’est pas exclu que
Exemples :
Il me semble que le télétravail profite surtout à ceux qui ont un logement adapté.
On peut se demander si cette mesure aura un effet durable sur les émissions de CO2.
Un réflexe utile : ne répétez pas « je pense que » à chaque phrase. Le jury entend cette formule des dizaines de fois par jour ; la varier ne coûte rien et s’entend immédiatement.
Nuancer : le réflexe qui fait la différence
Nuancer, ce n’est pas hésiter : c’est délimiter ce que l’on affirme.
- Dans une certaine mesure / en partie / du moins / jusqu’à un certain point / cela dépend largement de / il ne s’agit pas tant de… que de…
Exemples :
Le numérique facilite l’apprentissage, du moins pour les élèves déjà autonomes.
Cette réforme est en partie justifiée, dans la mesure où elle répond à une demande réelle des familles.
Il ne s’agit pas tant d’interdire la voiture que de proposer une alternative crédible.
L’efficacité du dispositif dépend largement du secteur d’activité concerné.
Concéder puis contre-argumenter
C’est le mouvement le plus rentable du B2 : je reconnais un point à l’adversaire, puis je reprends la main. Attention : la concession doit toujours être suivie de la contre-attaque, sinon vous avez simplement changé d’avis.
- Certes… mais / il est vrai que… toutefois / j’admets volontiers que… il n’en reste pas moins que / bien que + subjonctif / on peut comprendre que… cela dit
Exemples :
Certes, le télétravail réduit les déplacements, mais il isole les salariés les plus jeunes.
Il est vrai que ces technologies consomment beaucoup d’énergie ; toutefois, elles permettent d’en économiser ailleurs.
J’admets volontiers que la mesure est coûteuse ; il n’en reste pas moins qu’elle protège les plus fragiles.
Bien que ce dispositif soit imparfait, il a fait ses preuves dans plusieurs villes.
Exprimer le doute
Le doute est un argument à part entière : il permet d’attaquer une idée sans attaquer la personne. Attention au subjonctif après plusieurs de ces expressions.
- Je doute que + subjonctif / je ne suis pas certain(e) que + subjonctif / rien ne prouve que / il est peu probable que / reste à savoir si
Exemples :
Je doute que cette solution soit applicable dans les zones rurales.
Rien ne prouve que l’augmentation des salaires suffise à retenir les employés.
Reste à savoir si les entreprises joueront réellement le jeu.
Exprimer un désaccord poli
Pendant le débat, l’examinateur va vous contredire. C’est son rôle, pas une sanction. Ce qu’il observe alors, c’est votre manière de résister sans agressivité.
- Je ne partage pas totalement votre point de vue.
- Permettez-moi de nuancer : la situation est plus complexe.
- Je comprends votre position, mais je vois les choses autrement.
- C’est un argument défendable ; cependant, il oublie le coût pour les familles.
- Je ne suis pas sûr(e) que ce soit aussi simple.
- Là, je ne vous suis pas tout à fait (registre plus oral, très naturel en débat).
À éviter : « vous avez tort », « c’est faux », « non, pas du tout ». Ces formules sont grammaticalement correctes mais socialement inadaptées, et le registre fait partie de l’évaluation.
Généraliser et restreindre
Une généralisation sans restriction est une invitation faite à l’examinateur de vous contredire. Prenez l’habitude de fermer la porte vous-même.
- Généraliser : dans l’ensemble, de manière générale, globalement, la plupart du temps, on constate souvent que
- Restreindre : sauf exception, à l’exception de, hormis, dans certains cas seulement, cela vaut surtout pour
Dans l’ensemble, les entreprises se sont adaptées, à l’exception des plus petites structures.
La plupart du temps, ces dispositifs fonctionnent, du moins dans les grandes villes.
On constate souvent que les jeunes s’informent en ligne ; cela vaut surtout pour l’actualité internationale.
À l’oral : ce qui rapporte et ce qui coûte des points
Ce qui rapporte :
- reformuler l’objection avant d’y répondre : Si je comprends bien, vous me dites que… / Vous voulez dire que…
- annoncer votre structure à voix haute : Je vois deux raisons à cela : d’abord…, ensuite…
- varier les formules d’opinion au lieu d’en répéter une seule
- reconnaître une limite de votre propre argument, puis maintenir votre position
Ce qui coûte :
- empiler les idées avec « et… et… et… » sans connecteurs
- contredire frontalement l’examinateur
- abandonner votre position dès la première objection
- répéter « je pense que » toutes les deux phrases
Retenez surtout ceci : concéder une limite de votre propre argument est une force, pas une faiblesse. Dire « je reconnais que cette mesure coûtera cher aux collectivités ; il n’en reste pas moins qu’elle est urgente » montre que vous avez envisagé l’objection avant qu’on vous la fasse. C’est exactement le raisonnement attendu au niveau B2 — et c’est bien plus solide qu’une affirmation que l’on défend jusqu’au bout sans jamais la discuter.
Deux choses à faire cette semaine
- Le carnet des cinq phrases : choisissez un sujet (le télétravail, les écrans à l’école, la voiture en ville) et écrivez cinq phrases seulement — une opinion, une nuance, une concession suivie d’une contre-attaque, un doute, un désaccord poli. Changez de sujet chaque jour. Cinq minutes suffisent.
- L’enregistrement de deux minutes : parlez deux minutes sur un sujet d’actualité, puis réécoutez-vous en comptant deux choses : le nombre de « je pense que » et le nombre de « et » qui relient deux idées. Refaites le même sujet en remplaçant la moitié d’entre eux.
💡 Conseil pratique : préparez trois expressions par fonction, pas quinze. Trois formules réellement disponibles le jour de l’examen valent mieux qu’une longue liste que vous relirez sans jamais l’utiliser. Et si vous préparez déjà votre session, vous trouverez les modalités d’inscription au DELF B2 sur notre site.